31 juillet 2006

La complainte des enfants fous

à Valérie Valère
Les enfants fous descendent dans les rues,
et hurlent " Nous fuyons pour survivre"
Nous voulons juste tenter de vivre
et ils continuent leurs plaintes
"Si nous restons, nous mourrons,
comme vous tous, dans des sarcophages
ou des fauteuils de cuir et de velours
"
Les enfants fous s'enfuient et hurlent
la complainte de leurs plaintes :

"Lucie faire beaucoup de mal à la Terre !"

L'ange déchu ne pardonne pas à ces fous,
Il donne le mal, et nous lui donnerions
le bon Dieu, sans fausse confession.
Les enfants fous se rejoignent dans le pavillon
en flamme de la folie médicale.
L'hôpital psychiatrique a fait
Porte ouverte toute la journée
Sur les meurtres hospitaliers
Les enfants fous fondent dans leurs camisoles,
Les enfants fous font de leurs silences
des tombes, où s'enfoncent uns à uns les mots.
Accrochés à leur folie, comme à un rêve
Ils tentent de survivre aux moindres méfaits :

"Lucie faire de nos vies un enfer !"

Ils savent ce que ces mots veulent dire,
c'est leur Épitaphe.
Ils la creuseront eux-mêmes
sur le haut de leur tombe,
là où leurs croix se planteront dans leur corps.
Les enfants fous volent
et s'enferment dans un dernier
et long soupir d'Agonie morbide.
Les enfants fous volent l'heure
aux squelettes de leur cauchemar.
Viens que nos rêves n'en soient plus.
V06

Pour faire plaisir à Ombre$


6mer pour la vidéo de tarmos complétement fous ;)

30 juillet 2006

Les noces de Cana

Les noces ont été sanglantes,
et les invités sont venus nombreux,
se recueillir sur les tombes
La mariée sera veuve pour la cérémonie.

Pour le banquet, la colombe sera servie
fourrée aux pruneaux.

Les noces ont été sanglantes,
Les invités sont anonymes
dans cette guerre sans nom
La mariée sera veuve pour la cérémonie.

Pour le banquet, la colombe sera servie
fourrée aux pruneaux.

La mariée sera en noir ce soir,
Les tables dressées sur des tombes
Où même les noms sont illisibles
Le poète n'est plus là pour les écrire.

Pour le banquet, la colombe sera servie
fourrée aux pruneaux.

Verdure 2006 [écoeuré]

28 juillet 2006

Quarante-huit kilos - Mama Bea Tekielski

Ce soir j'avais envie de mettre ce texte de Mama Béa, cette formidable chanteuse révoltée insouciante, amusante, naïve. Une grande oubliée de la scène rock. Peut être qu'un jour, un groupe fera une reprise d'un de ses morceaux... Enfin je vous laisse avec ses lignes bien à elle. Moi ça fait belle lurette que je pèse plus 48 kilos, que ce soit de chagrin, de graisse où d'os.

Votre dévouée





Je pèse quarante-huit kilos
Peut-être un peu plus,
Un peu moins
ça dépend ... si j'ai des chagrins,
Ou pas.

Je pèse le poids de mes mots,
mes mots qui valent ce qu'ils valent
mais, en tout cas, ce sont les miens ;

Et, ces mots, quand je te les lance
Et que tu ne les attrapes pas,
Je pèse le poids de l'absence
Avec ma rage au bout des doigts.

Je pèse le poids de la peur
Qui me tient éveillée, la nuit,
Les membres raidis, sous le drap
Comm' une dalle de béton,
Les yeux tournés vers l'intérieur,
A me demander qui je suis !

Je pèse le poids de mes actes
Qui sont pas toujours à ma taille,
Qui se barrent, sans prévenir,
sans demander la permission,
Pour aller faire, un peu plus loin,
quelques enfants adultérins,
Que j'ai du mal à reconnaître...

je pèse le poids d'un chien , mort,
Comme meurent les animaux,
Avec ce regard qui s'étonne
Qui dit : pourquoi tu m'abandonnes ?...
Ce regard insoutenable,
Qui vous fait cracher vers le ciel
un dernier refus... misérable,
Et qui fait , qu'à jamais , je pèse
La toute Impuissance des hommes.

Je pèse ... le poids de l'amour
Que je ne parviens pas à vivre,
ou de façon si maladroite,
Que ma mère , sûrement, ne sait pas
La tendresse que je lui porte ;

Je pèse le poids de l'amour,
Qu'on rencontre si peu souvent,
Qui pourtant doit nous délivrer ! ...
mais voilà, on n'a pas le temps,
Ou alors, on est fatigué ;

Je pèse le poids de l'amour
Qu'est si difficile à donner
et tout autant, à recevoir,
Alors, on reste, là, tout seul
... A peser le poids de l'orgueil ;

Je pèse quarante -huit kilos
peut-être un peu plus,
un peu moins,
ça dépend... si j'ai du chagrin,
Ou pas.

Je pèse quarante-huit kilos !
Toi, ça te fait ni chaud, ni froid ;
Tu te dis : la fille, elle flippe,
Dommage, mais c'est pas mon trip !
... D'accord ; mais quand on se retrouve,
là tout seul,
Avec deux, trois spots dans la gueule,
faut bien raconter quelque chose...
Pour essayer de se trouver,
Pour ne pas rester des étrangers :
? toi, tu payes et moi je te baise?
Non ? alors... raconte moi...
... Combien tu pèses ?

27 juillet 2006

Le Cédre et l'étoile

Un cèdre brûle enflammé par une étoile.
Que deviendront les enfants ?
Sous l'ombre de David,
Ils bâtiront d'immense cimetière.
Le sable recouvrira le tout.
L'Histoire ne se souviendra pas des noms.

[Un Cèdre brûle à l'ombre de David.]
Verdure 06

Paris - 18:00 - Sortie des bureaux




Numéro zéro - Métal Urbain
Moi seul et unique
Sans copie et sans réplique
Je ne me reproduis pas
Je suis indivisible
Je n'appartiens à personne
L'univers est pour moi

Etranger au coeur des masses
Et paria de toutes les classes
Civilisé dans la jungle
Et sauvage dans la cité
Ne me parlez plus d'amour
D'union d'égalité

Parmi la foule des zombies
Je suis un dieu un héros
Je suis le chiffre infini
Le numéro zéro

Je suis l'éternel martyr
Le plus grand nombre premier
L'héritier millésimé
Le dénouement fatidique
Le dernier privilégié
L'ultime paranoiaque.

26 juillet 2006

L'oreille de la porte

Je passerai ce soir par l'huis,
pour te serrer fort dans mes bras
Baiser la pomme de tes mains.
J'ai ouïe dire que tu avais un amant.

Je passerai ce soir et resterai
pour le restant de cette vie,
Celle à venir - La prochaine-
J'ai ouïe dire que tu avais un amant.

Je passerai ce soir, et poserai
sur tes souvenirs., mon ouïe

V06

25 juillet 2006

Au bar, En Mer, Enfer


Les fleurs aux pétales de cadavres
flirtent avec l'ivresse, le rhum,
Une forte odeur de pisse et de poissons pourris
de putes bien usinées et d'oeufs souillés.

Au bord des larmes, du gouffre,
Un oiseau blessé au coeur de la tempête.
Je n'ai jamais été aussi content
qu'en ton absence.

Je cherches encore l'excuse fatale
de t'avoir connu - Et au fond des
veines coulent toujours du ciment.
Il durcit, bloque les mouvements.
Bientôt la chair sera ciment
Couronné de métal

Le béton aimé tapissera notre intérieur
jadis coloré et joyeux.

Verdure 06

24 juillet 2006

Qu'un Soir / Qu'un funeste souvenir


Les femmes dansent encore dans nos mémoires
Quelques manuscrits, bouts de trottoirs.
Dans leurs pas alertes s'enroulent nos bras
qui tentent de les attraper au vol, au pas.

Les jupes, par le vent, se soulèvent
Laissent entrevoir des guibolles, des mollets
Qui attachés à notre cou, ferait un fier trophée
pour les nuits futurs, à la veille de l'aven.

Les guitares en rythme font tressauter les pas,
jusqu'aux tournoiements endiablés
Dans le noir des salles s'allument des étoiles.

Le soir boitant, trottinant, la démarche peu assurée
on rentre chez soit, couvert de voie lactée
Et personne ne vous tient la mien.

Verdure06 [Solitude]

Informatique tribale


-= Ombre$ =-

22 juillet 2006

L'oiseau est-il un assassin ?

Je rentre dans mon sarcophage
Je raterai la prochaine guerre
Je risquerai pas un oeil dans l'horreur
Je regarderai la voûte protectrice
Je retarderai mon départ
Je reste encore un peu
Je rigole un bon coup
Je recommence ma naissance

V06

21 juillet 2006

Brian Aldiss

Quand l'enfance meurt, ses cadavres sont appelés adultes et ils entrent dans la société, nom plus élégant pour désigner l'enfer. C'est pour cela que nous redoutons les enfants, même si nous les aimons : ils nous montrent notre propre décrépitude

18 juillet 2006

François Villon


Lorsqu'un établissement est baptisé au nom de
François VILLON
Pour qui le Construit-on,
Le poète où le Bandit ?

Verdure 2006

MARTIN ou DURAND

Contrairement aux apparences, tous les Français sont loin de s'appeler MARTIN ou DURAND.

Avec un million de patronymes différents, la France détient même le record mondial de la diversité.
Dans l'Atlas des Noms de Famille en France (éd. Archives eta Culture), Laurent Fordant analyse le fichier des naissances recensées par l'INSEE de 1891 à 1990. Ce patrimoine exceptionnel livre d'importantes données généalogiques, mais aussi de nombreuses anecdotes surprenantes.

Ce n'est qu'à la fin du XIXème siècle que les noms se fixent sous leur forme actuelle. Depuis, 200 000 patronymes ont disparu et 520 000 nouveaux sont nés. (ça, c'est pour la culture)

Le plus répandu reste MARTIN (228857 naissances), suivi par BERNARD, THOMAS, PETIT et ROBERT (sans jeu de mots svp). Néanmoins, la plupart d'entre nous portons un nom rare : 80,2 % des patronymes ont moins de 50 porteurs.

On remarque notamment sept patronymes sans voyelles : X, B,M, Jxxx, Mm, Snp, Vlk... (Incroyable mais vrai).

Mais il y a plus lourd à porter : 377 SALOPPE, 3707 BATARD, 117 LAGARCE, 678 CATIN ont été recensés sur le siècle.

D'autres préfèrent changer. Le dernier PUANT a disparu en 1914 et HITLER, juste après la deuxième guerre mondiale. Les COCU, LACROTTE, HANUS, JOLICON ou autre MERDIER choisissent souvent un autre patronyme.

Quant aux 883 CONARD, ils ne portent pas un patronyme d'origine péjorative. Au contraire, celui-ci dérive du germanique " conhard "qui signifie hardi, brave et fort.

On apprend également que seulement 44 ASSASSIN sont nés en France au cours du siècle, contre 489 INNOCENT, mais il n'y a qu'un seul FLIC (dans le Finistère).

La répartition des patronymes à travers l'Hexagone révèle aussi quelques surprises. Tous les CAMEMBERT sont nés au pays des rillettes, la Sarthe, et non pas dans le Calvados qui compte quand même cinquante FROMAGE. On ne trouve aucun PRUNEAU à Agen (mais ailleurs, oui) et les PARISIEN se concentrent en Dordogne. Certaines régions manquent de chance comme l'Isère d'où sont originaires tous les GLANDU, le Jura qui a la plus forte densité de CRETIN, et la malheureuse Loire-Atlantique qui détient le record de naissance de SALAUD.
Sikola Narkozy

17 juillet 2006

regard

Il a plongé dans le bitume bleu

de la piscine !

Paul Valet

Le vieux mourut dans la boue de Champagne.
Le fils mourut dans la crasse d'Espagne.
Le petit s'obstinait à rester propre :
les Allemands en firent du savon.
Sans muselière, G.L.M., 1949.