13 novembre 2005

BANLIEUE ROUGE - Psaume rouge

Psaume rouge

Aux abords de la mégacité de la musique pop se trouve une périphérie banlieusarde inconnue des masses. Maquis-rock pour les déserteurs de la culture médiatique du showbiz. Une banlieue taillée par une musique contestataire au sein d'un système unidirectionnel et corrompu. Un district auquel une poignée de révoltés ont mis le feu, une zone obscure où sévissent des délinquants armés d'instruments désaccordés et d'amplis bruyants "Nous sommes le prix à payer pour une société qui n'avait prévu aucune voie nous concernant, sans se soucier d'une alternative possible!" Mais rouge est le choc, la colère, la révolte. La jeunesse libre est peinte de rouge. Du rouge de l'insoumission et de l'alternative militante



BIENVENUE EN BANLIEUE ROUGE

Ecouter le morceau : EN ATTENDANT DEMAIN Psaume Rouge+Zone interdite

12 novembre 2005

Les souvenirs d'Isidor Ducasse Acte 2 Scene VI

L'homme s'approcha du groupe d'hommes et commença son apostrophe :

Mes enfants, nous mourrons chaque jour. Chaque jour, une brique s'arrache du
mur, qui formait à la fois notre cohésion et notre désir. Non que certaines
personnes s'en aillent, mais plutôt parce que notre existence est arrivé à
son terme.

L'homme s'assit sur un gros rocher, à l'ombre d'un merisier, replia ses genoux et amorça la suite de son discours :

Nous remarquons, sans rien en conclure, que tous les jours, des mots
disparaissent, des formes grammaticales et verbales dépérissent. Il n'est
cependant pas encore trop tard, sauvez-les dans vos écrits ! Et rappelez-vous
que la nature va en se compliquant non en se simplifiant. Delà viennent les
principales axiomes du groupe :

Comme s'il avait dit quelque chose d'essentiel, il s'arrêta, jugeant l'air, soupesant son degré de toxicité et son poids d'or. Le fils de sa phrase se déroula, après ce silence, de lui-même :

nous appartenons ni à un jeu, dont nous serions les pions, ni à une grossière
idiotie, (Nous aurions pu, ici utiliser le mot "Vulgaire ") qui ferait
de nous des habitants possible de quelques asiles aux conforts très
hospitaliers.

Paraphrasant ainsi le célèbre prophète des temps modernes, il pensait expliquer la nature égohystérique de la grappe de raisin nommé Humanité, qu'il avait en face de lui. Son monologue continuait, comme un souffle sur un feu, qu'on voudrait bien allumer :

Il s'agit pas de devenir démagogues, mais si notre discours peut le paraître
(Regardez bien, Il applique une clause englobante pour un discours
monolithique.) nus devons être démocrates. (vous entendez bien, nous
devons !)

Un nuage qui passait par-là, eut sitôt fait de délivrer le soleil, ce monument mobile, et laisser apparaître sous le nez du prophète en herbe, une ombre rectangulaire, en forme de moustache, un peu, je dois le dire, à la manière du "Dictateur " de Charlie Chaplin.

La grappe de raisin n'avait cessé de mûrir, se gorgeant de jus au fur et à mesure des années, mais elle a finit par pourrir, puis elle se détacha de l'arbre, tomba à terre, où on l'écrasa. Elle servit de fumier et de compost aux arbres qui entouraient aux premiers abords un simple cèpes freluquet et à peine suffisamment solide pour résister aux moindres intempéries. Il ne pouvait à peine supporter, sans se ballotter de tous côtés, le vent léger du matin. Et voilà comment on finit par s'embourber dans des thèses sans fondement.

Je finis ici ma comparaison. Mais qu'ai-je comparé ?

Hervé

11 novembre 2005

Les souvenirs d'Isidor Ducasse Acte 2 Scene V

J?avais, durant mon exil, deux amants, deux amours féminins mais autant qu?on puisse le croire.

La première était une splendide blanche, aux pieds plats et très fins ; une sorte de sirène, mais elle ne chantait pas. Je l?ai partagé avec un certain compte ; Isidore de son prénom (sic). Cette femelle requin avait une peau rugueuse, sur laquelle se dressaient de multiples lames de rasoir si bien aiguisées, qu'elles fendaient l'eau, l'air et la peau des marins rescapés du naufrage d'un agrément trop fragile. Ils agrémentaient un repas réputé, déjà bien riche en apport.

Lorsque sa grande gueule s'ouvrait, se déboîtait et se refermait sur le corps du malheureux, trois légions armées jusqu'aux dents le découpaient sous une pression de trois tonnes au mètre carré, puis digéré, il était régurgité au milieu aqueux et extérieur, afin cette fois ci de nourrir d'autres poissons plus petit, quelques crustacés croustillants, auxquels il ne pourrait même pas s'échapper.

Cette splendide femelle me laissait l'entourer de mes bras et de mes jambes, la caresser. Je ne m'y coupais pas ; Nous étions de la même espèce sauvage et si naturelle. Nous étions dans ce genre de jeux, si emmêlé, que nous ne parlions pas. Nos phéromones faisaient tout, même le rapprochement, même plus.

Lorsqu'elle partait, à travers les vagues et le sang de quelques marins, pour s'échapper de la mer conjugale, berceau de notre union libre, je retournais à des eaux plus douces, où les troncs d'arbre s'emmêlaient avec l'eau comme pour relier les trois éléments appartenant aux générations futures.

En quête de nourriture, car même si j'avais perdu cette appartenance à la race humaine, je n'en devais pas moins me repaître, je découvrais souvent quelques corps d'indigènes ou d'animaux divers, gorgés d'eau et quelque peu faisandés. En fait, je l'aperçu plus tard, avec le regret d'avoir pioché dedans, que ces corps se trouvaient être le garde manger d'une splendide crocodile. Cette alligator (C'est quasiment la même chose) mesurait environ cinq mètre soixante. A l'instar de mon premier, qui avait trois rangé de dents aiguës, artifices triangulaires de la mastication, mon second amour ne possédait qu'une seule rangée de trente-deux dents et deux caries, une technique de combat et d'approche qui n'était pas moins éblouissante :

Cachée dans quelques fourrées avoisinant, son lieue de prédiction (et non de prédication, même si je peux prédire, qu'une personne remarquée par un alligator n'aura pas une destinée bien longue, vu la rapidité d'action et l'art incomparable dont est doté cet animal ci-décrit) elle admire la délicieuse tranche de viande qui vient s'abreuver à la source d'eau fraîche.

Lorsque sa proie est endormie et commence à boire, l'animal se jette à l'eau, et en deux coups de pattes, sur sa nourriture. Attrapée, l'animal fait tourner sa proie dans l'eau, jusqu'à l'étouffer et la faire tourner de l'?il. Elle se noie. Il faut s'y prendre du premier coup, et ne jamais lâcher sa proie ; bien figer ses crocs dans la chair ; trouver une bonne prise et ne plus la perdre, sinon la proie est perdue, et il est bien difficile de la rattraper.

Nos douces étreintes étaient pareilles à ces recherches de nourritures : Violentes et pleine du sang s'échappant des balafres sanguines provoquées par nos griffes tranchantes. (N'allez pas trouver paradoxe, là où il n'y a que complémentarité, cela nuirait à votre compréhension.) nous vivions dans ce vivier, plus que d'amour et d'eau fraîche, mais bien de ces nourritures gorgées d'eau, bien mûres, si mûres que la peau se détachait un peu du reste du cadavre bien cuit, preuve de notre amour, qu'on portait l'un à l'autre. Amour qui fut enterré au fur et à mesure, que nous déterrions, désensablions les garde-manger, les substances utiles à notre croissance.

Bientôt, le désir de certaines femmes d'occident eut la néfaste influence de rabattre sur nos terres et nos eaux, des embarcations et des caravanes bondées d'hommes armés, sorte de chasseurs venus pour s'approprier des peaux de sac à main malléable à souhait. Mon amour fut pris pour ce type d'objet, et je fus contraint d'abandonner sa dépouille mortelle, sans pouvoir prendre soins d'un enterrement non religieux, mais sacré tout de même. Il eut fallu que je mangeaille ma mie.

Durant des années, je parcourus les mers à la recherche du requin blanc de ma
première jeunesse. A l'odeur vaporeuse et âcre de ce sang coagulé dans l?eau,
qui s?intensifiait, je sentais bien que je m?en rapprochais.

Cette odeur suivait les courants, ainsi que les évaporations liquides échappées des corps poursuivaient les vents. Je peux dire qu?en chemin, je voyais souvent des morceaux d?anatomie, digne du "Gérard " des cours de biologie des classes de collège. À force de persévérance, je la revis nageant fièrement entre deux eaux, avec deux autres requins blancs comme elle. Moi, qui croyait les requins asociales, raison suffisante à mon amour pour elle, telle fut ma déception. Allais-je tuer les amants ?

Je fuis, à l?avance vers d?autres marches, rentrant dans les ports en recherche d?une nouvelle âme s?ur. Mais au contact des hommes, je pourrissais. Je trouvais en leur cité les pires dépravations et les maux d?esprit. Aussi au bout de quelques décennies, ai-je réappris à marcher, afin de parcourir le désert, aléatoire enchevêtrement de dune toujours en mouvement, et enchâssement de grain de sable et de mirage. Il avait l?apparence d?une chambre capitonnée. J?ai pu y voir le silence. J?ai pu y crier tout mon chagrin d?être divorcé et out mon désespoir d?être veuf et délaissé. L?écho répondait à mes plaintes, il vagissait, en attendant la nuit des Ours?

La nuit des Ours.

un apéro avec Nicolas Narkozy

10 novembre 2005

Les souvenirs d'Isidor Ducasse Acte 2 Scene IV

Le moustique vint, vole à travers la pièce et de son doux grincement, heurte l?oreille de votre cher conteur. D?un coup, je tente de l?attraper, de le coincer contre le mur et de le percer de part en part, mais seule la plume heurte la pierre et la tache d?encre noire. J?ai flingué ma plume.

Excusez-moi, mais je change de stylographe, et d?une calligraphie modeste, je vais vous conter la suite de l?épopée.

Sur le crâne de certain prophète, qui de leur sophisme endorment les électeurs et la raison du siècle pour réveiller l?oraison funèbre des dictatures, poussent non des cheveux, mais des fils barbelés en acier trempé. Ce n?est point une couronne d?épine, signe emblématique du martyre, mais bien des appendices pileux d?une autre forme, qui dévoile les êtres autoritaires. Les fils sortent du crâne, y réentrant, pénètrent le cerveau et traversent les lobes de part en part, y arrachent les neurones. Ce ne sont point des antennes ; ces êtres sont des coquilles vides et sans trésors, qui restent dans une sorte de monde intérieur séparé du notre par de vastes parois uniformes et impénétrables. Ils ne mangent, ni ne digèrent rien, sauf parfois leurs barbelés qui irritent leurs gorges et leur ?sophage, détruisent une à une les dents et leur langue, cette turgescence qui permet de différencier le goût et de tirer les saveurs en plusieurs catégories (âcre, sucré, acide... par exemple.).

Lorsque les douleurs s?intensifient au c?ur du cervelet, jusqu?à en devenir intolérable, ils deviennent comme leurs tourments. On ne peut les soigner. Leur mal persiste, et pourtant, on ne peut les enfermer pour de simple raison d?infirmité physionomique, cela sera indécent et hors de propos. Nous avons d?autres morales que la leur, qui est si malléable, qui se plie aux moindres souhaits ou désirs, propre à agrémenter leur compte, leur fortune personnelle (leur destin propre); (mais peut-être pas si propre que ça).

Lorsque l?un d?entre eux meurt, telle une hydre folle ou une paramécie paramnésique, il a le temps de se diviser pour former deux entités distinctes, mais fille et mères en même temps. (Et une abréviation en filles-mères reste caractéristique de leur situation ambiguë ainsi que de leur comportement.) Il faudrait les couper toutes instantanément, pour ne point laisser de chance, à l?avenir d?en voir réapparaître sous une forme symétriquement identique.

Oublier tout cela, la démagogie n?est point une manière d?affubler les écrits. Oublions ces personnes de rescisions constantes. Il y a des gens dont rien que le fait de taire le nom, c?est déjà trop en parler !

09 novembre 2005

Les souvenirs d'Isidor Ducasse Acte 2 Scene III

J?ai vu la longue fumée de diamants qui suivait la comète ; elle parcourait de droite à gauche la voûte astrale, où fleurissait quelques étoiles. Elle filait lentement.
Je paressais, regardant ce spectacle encore inconnu pour moi, aux pieds d?un quelconque sapin de jardin public, où quelques baladins s?aventuraient. Aux quatre coins s?élevaient ces horribles arbres verts qui ne cessent jamais de dévoiler leur fourrure de faux Skaï rouges, lorsque le temps se grise de tant de soleil ; Leurs ombres rectilignes suivaient trait pour trait leur silhouette effilée, genre obus de la dernière guerre, une de la prochaine à venir. Ces ombres caressaient leurs maîtres, dans quelques chaotiques hymnes à l?amour, pénétraient l?écorce dans de furieuses et convulsives jouissances, léchaient leurs pieds et leurs orteils, les etc.. elle se couchaient parfois aussi sur moi, et m?étreignaient, se hissant parfois sur mon visage, pour m?embrasser de leur inconsistance nature. (Ce geste que s?interdisent les professionnelles des guicheteries de l?amour ; il n?y a point de jeux de mots avec déchetterie, où allez vous croire ça ?)
Dans ce parc, je restais si longtemps que je voyais pousser l?herbe, et s?ouvrir les fleurs. Le bourgeon se gonfle lentement aux bouts de la pousse nouvelle, puis il se durcit (Le temps prend ce qu?il a sous la main) et enfin laisse échapper son contenu, qui s?élance, s?envole de cette cage végétale désormais ouverte. La fleur, alors, se gonfle, s?étale ; ses pétales s?ouvrent à gorges déployées, comme un membre à travers une manche après un effort sportif intense. Elles se vêtent ensuite d?un habit neuf pour l?été naissant (Les primevères font cela en hivers, et l?Edelweiss, je l?avoue je ne sais pas.)
Une jeune femme passant par là, pourra d?un geste la décrocher de la terre et l?accrocher à sa veste, en signe de coquetterie, ou bien la lancer à un cygne, qui s?ébrouait dans l?eau d?un lac, fier et blanc, seul souverain sur son royaume d?eau. Alors se lira sur ses yeux un sourire amusé et heureux, elle pourra se nicher, amoureuse, entre les bras de celui qui lui a demandé son coeur, à défaut de sa main.
- Le mariage est mort, Vive l?union libre, lance un eunuque jaloux, qui passait proche d?eux, derrière le mur d?un harem.
La fleur, signe de coquetterie ou coquetterie du cygne, reste épanouit sur ces fourrures, sorte de seconde peau. Le coq rit à ces plaisanteries digne du plus idiot singe.
Allongé sur l?herbe, je regarde défiler les amants, (bientôt ils se défileront). Je les entends marcher sur les graviers, leurs pas se rapprochent lentement, comme sur un tapis de velours et de satin. Ils traversent parfois un rayon de soleil ou une tache d?ombre, et leurs visages ne changent pas, ils restent toujours aussi émerveillés.
Le soir, quand tout est à nouveau calme, j?aime y revenir et regarder ma comète ; souvent elle ne revient pas, alors je prends une cigarette du paquet. Elle glisse entre mes doigts. Je la pose entre mes lèvres (elle y reste longtemps sans feu) j?allume l?allumette tendrement camouflée entre mes mains. Je jette le bout de bois éteint, et j?aspire ma première bouffée qui me brûle un peu la gorge, jusqu?à en avoir les larmes à l??il.
Et quand le soir s?éteint, les lumières de la ville réapparaissent, toujours plus voilée que le jour précédent, et se propagent à travers les quartiers, cercles concentriques qui s?éloignent de plus en plus du centre. Elle force les ombres à s?échapper de l?entonnoir, jusqu?au désert, où les routes se liquéfient dans le sable. Elles s?échappent toujours plus, puis rejoignent souvent les routes de campagnes et les autoroutes mal éclairées, sillonnés par des voitures fantômes lesquels filent sans laisser de traces, sans faire de bruit, emportant juste des morceaux de brume dans leurs pare-chocs, ou des gouttes de sang du dernier piéton écrasé.

08 novembre 2005

Les souvenirs d'Isidor Ducasse Acte 2 Scene II

Il faut parfois faire l?éloge de certaine personne. J?ai longuement repensé à ce père de famille, parti en mer, alors que sa femme était morte, laissant à terre, dans un pensionnat ou une famille chargée de la gardée, sa fille à peine adolescente. Il écrivait si souvent des lettres, qu?il paraissait l?aimer, et ?uvrer pour son bien.

Je vais vous retranscrire une de ces preuves d?amour.

Ma fille
Je t?écris à présent du pont du "Saint Jérôme" Je suis marin le temps d?une traversée, pour te rapporter du bout du monde des colliers, des pierres dont tu ne soupçonnais pas l?existence, moi non plus d?ailleurs, et des histoires comme tu les aimes tant.

Tel que j?ai commencé la lettre, ce n?est pas tout à fait vrai. En fait je suis assis à une terrasse de café, pour ma première libération. Ca fait du bien de se retrouver sur la terre ferme, le temps d?une pause, et ne plus avoir la mer qui te balance ou la voir frapper la coque du bateau, comme un forgeron cogne son enclume pour l?aplatir.

Je dois l?avouer, la mer me remonte sur l?estomac, elle le vide presque à chaque fois que je le monte dessus. C?est presque une cheval sauvage qu?on essaye de monter à cru. Elle bouge, remue et rue, jusqu?à ce que tu ne puisses plus rester dessus serein. Elle te frappe, te soulève, te remue dans tous les sens, afin de te sonner. Et là, elle t?achève, je t?assures Sylvie ; je pense que tu serais presque contente d?être avec moi, cela t?éloignerait sûrement un peu des souvenirs de ta mère. Et ici, tu aurais l?impression d?être sur ton animal préféré.

Mais, j?espère de tout mon c?ur, que tu ne viendras pas sur ce bateau. Pour une femme, ce n?est de tout repos, et pour toi, qui est encore si jeune, tu ne trouverais ici que le funeste relent mâle, qui pince les fesses des jeunes filles, pour voir si ils peuvent aller plus loin, si elle en pincent pour un marin comme nous. Cela m?éc?ure souvent, m?amuse parfois, mais je t?assure que sans arrêt j?ai ton visage et ton nom comme morale. Je ne ferai jamais devant toi, ce que je fais ici. L?effet de groupe est vraiment une chose immonde. Un homme dans une société d?hommes perd tout ce qui le rend désirable. Sans femme, sans sa (ses) compagnes, il est privé de toutes les raisons de vivre ; il se laisse aller à la pire dépravation.

Le tableau de ce bateau ne doit pas te sembler si noir ; j?y gagne de quoi te nourrir, te payer ton école et te rapporter ces souvenirs, comme jamais aucun père ne pourrait le faire.

07 novembre 2005

Les souvenirs d'Isidor Ducasse Acte 2 Scene I

Me voici prêt pour la seconde partie de mon épopée, aussi vais-je m?y mettre sans plus attendre, peut-être lentement, ou alors rapidement, qui sait ?

J?ai longtemps voyagé en train, afin de travailler, ou juste voir du pays. Les voyages pouvaient durer plusieurs heures, mais ils n'étaient jamais ennuyeux, du moment où on a un livre à lire, de la musique à écouter, ou une jeune femme à regarder en douce mais attentivement.

Le train s?approcha lentement de la gare et de son quai, long comme une rade, qui étaient tout deux éclairés par quelques lampadaires pendus dans le ciel, dont la lumière diffusait et se répandait sur le sol parmi ceux qui attendaient le train.

Lorsqu?il s?arrêta, par à coup, comme un paraplégique lors d?une crise de comitialité, la foule s?entassa prés des portes, prête à monter dans le wagon déjà bombé. Presque mécaniquement, les pas se rapprochaient, empressés, des marches métalliques de la plate-forme de la voiture, dans un bruit d?acier. Puis, ils s?approchaient hâtivement des sièges jaune orange, presque usés.

Toute habillée de noire, avec une écharpe rouge qui entourait son cou, Elle s?approcha lentement, après tout le monde ; elle semblait un peu rêveuse, la passagère du banc d?en face ; seules ses mains qui portaient des gants blancs et fins bougeaient de temps en temps : elle croisait et décroisait ses doigts effilés au rythme de son sommeil interne. Une petite mèche de cheveux, qui reflétait la lueur, léchait son visage, ses lèvres dont la serrure était fermée, puis ses yeux dont les secrets étaient gardés. Elle paraissait avoir un regard froid, et une sorte d?attitude qui dépareillait avec celle des autres occupants du wagon.

Un rictus aux lèvres les soulevait et laissait apparaître un petit sourire, peut-être involontaire presque narquois. Sa petite main faite de céramique ou de cire blanche crémeuse, fondue pour des cierges, telle celle des poupées anciennes, passait de temps à autre dans ses cheveux, et venait perturber les éclairs présents dans les sillons capillicoles.

Au rythme de la rame, tout son corps semblait ballotter, tremblait comme celui d?un épileptique touché par une de ces crises, qui laisse pour mort ceux qu?y l?ont, et effrayent ceux qu?y ne savent pas, ce qu?il se passe, et venait heurter de son duffle-coat bleu marine presque noir, les plaques de plastique du train, ou la vitre, selon le mouvement aléatoire de la masse d?eau interne.

Le train s?approchait lentement de la gare Saint-Lazare, et freinait de peur d?y entrer, sans pouvoir s?en sortir : une taupe devant un terrier enfumé. Lors du flot aqueux descendant du train, je la perdis de vue, même si elle avait été qu?un court instant, une création de ma vue perturbée, et de ma plume. Il me reste parfois dans le métro, un petit reste de parfum, preuve que l?odorat garde aussi bien, si ce n?est mieux le souvenir d?une femme.

Ses genoux la soulevèrent tremblants, au sortir d?un rêve, happés par une vaine sortie dans la réalité. Même si ma plume, au contraire de mes yeux, ne l?a pas assez détaillée, demain, une autre inconnue viendra, le cours d?un instant, peupler mon rêve de sa présence et de tout ce que mon imagination peut bien en faire.

Mais les soubresauts du train me montrent les varices qui lézardent des jambes graisseuses des secrétaires de carrières obèses. Ces mortadelles ficelées dans leurs habits de travail, se balançant comme un jambon à son crochet. A cette vue, je me hâte de reprendre un livre, ou de pencher ma tête à une fenêtre noircie, afin de penser à la passagère du banc d?en face.

06 novembre 2005

Beru - petit agité

Petit Agité
Une banlieue maudite
En zone interdite
Une armée de flics
Marqués par la haine
Les jeunes se dechaînent
On en a rien à perdre
Les bagnoles crâment
La zone est en flâme
Et la folie gagne
Les gamins rebelles
Brûlent des poubelles
Ce soir c'est la fête

Petit Agité
Tous des Béruriers
Petit Bérurier
Tous des Agités

Viens voir comm'il fait chaud
Les caisses font des tonneaux
C'est le grand rodéo
Sous une tête-cagoule
T'as perdu la boule
Et le monde s'écroule
La cité des barjots
Quartier des Agités
Commando Bérurier
Tu avances masqué
Dans le noir sans papier
Commando Bérurier

Tous des agités
Tous des agités
Tous des agités
Tous des agités

Les souvenirs d'Isidor Ducasse Acte 1 Scène VI


A décrire Nuages, Lézards, Hommes, moi et vents, me voici quelque peu fatigué, aussi, vais-je laisser là mon oeuvre et continuer plus tard, afin de reposer mon inspiration tordue et inconstante. Je vais reposer ma pauvre cervelle assaillie par mille pensées, par une gangrène aiguë Aurez-vous la patience d'attendre que je me remette à écrire. Lecteurs, tu es comme le vent, tu tournes, poursuivant le regard de la girouette.

Me voici au seuil du deuxième terrible acte. Je suis impatient (qui ne le serait pas ?) de savoir ce qu'il pourra bien y avoir.

Mon esprit fantasque espère peut-être y trouver de nouvelles composantes pour rêver. Le sommeil soudain me prend, le vent m'enlève :

" père, mère, j'ai peur, le roi veut me prendre... " Pourrais-je peut être m'écrier, mais rien, je n'en ai ni la force, ni la foi."

Hervé - Les souvenirs d'Isidor Ducasse -

Les Chants de Maldoror peuvent aussi être téléchargés en version PDF.

05 novembre 2005

Les souvenirs d'Isidor Ducasse Acte 1 Scene V

J?ai entendu le lent glissement des nuages sur le tapis des cimes des cyprès. Il était presque inaudible, comme cloîtrer dans une camisole de force, de feutre jaune et blanc. Ce frôlement était malgré tout vert, je le répète, il était vert, tâchant parfois les eaux de son encre volatile, et pourtant indélébile.

Les nuages venaient de l?Est et iraient mourir à l?Ouest dans un dernier craquement pluvieux ; entendez par là un orage. Ils accompagnaient en chemin, quelques volatiles immigrants vers d?autres contrées, plus appropriés à leur mode de vie, mais surtout, il faut bien l?avouer, riche en aliments fortificateurs. Ils s?approchaient du soleil à vols lents et aérés. En triangle, ou en une toute autre figure géométrique, les volailles se regroupaient, pour traverser des régions entières sans s?y poser. Ils n?échappaient pas aux clameurs des chasseurs, qui de leurs fusils, tentaient de les rejoindre. En fait ce sont les oiseaux touchés qui tombent pour les atteindre. Il en va de même pour tout ceux qui sont trop haut pour apercevoir les êtres mouvants au-dessous d?eux.

J?ai entendu le vent soupirer ; un lézard l?ayant également perçu, lâcha le morceaux de soleil qu?il tenait au chaud sur ses écailles, pour se faufiler entre deux cailloux instables d?un mur délabré ; les pierres s?effritaient et tombaient au bas du mur dans un bruit sourd et mûr pour effrayer la chouette effraie.

Avant de sortir de son austère caverne, il sortit sa langue en deux coups brefs, afin de sentir l?air extérieur et connaître le moment propice à une paisible et possible sortie. Ainsi, satisfait par le calme ambiant, comme tout solitaire, il dégage sa tête d?entre les pierres et regarde, en tournant la tête dans tous les sens. Il n?y a personne. Il avance alors une partie de son corps, recommence à humer l?air, continue à agiter sa tête, recommence , et finalement sort entièrement de son trou. Il n?a pas oublié qu?il était le jouet d?enfant assassin par décision divine de temps jadis. Alors, il reste inquiet, aux aguets, pour sauver sa peau froide. Ceci est le long résultat d?apprentissage transmis de génération à génération, à travers les lustres. Le zoologiste averti appellerait ça peut être l?instinct animal. Je préfère ne pas y penser.

Il n?en demeure pas moins, que les lézards traversent les nuages de leurs langues.

04 novembre 2005

Les souvenirs d'Isidor Ducasse Acte 1 Scene IV

Certains lecteurs aigris de ne pouvoir écrire, veulent à tout prix connaître la manière d?écrire et de vivre, la condition sociale de son aimable conteur. Ces lecteurs, qui se reconnaîtront à n?en point douter, heureux -(Ils ne peuvent pas avoir, après tout, toutes les tares du monde)- vont être aimablement aidé dans leurs désirs, par cette strophe, que je proclamerai d?ici quelques instants. Je nourrirais leurs odieux aphtes.

J?écris ces lignes est dans une petite salle, d?environ 30 à 60 mètres carrés, avec une table en bois ancien, de laquelle sortent les clous qui attachaient naguère le plateau aux pieds sinueux, dans lesquels sont gravés des chiffres presque ésotériques, signalant la date de fabrication et de préemption du bois, ainsi que le passage des différentes personnes. La table en question soutient quelques feuilles, des stylos, un bloc-notes bleu et une calculatrice électronique (220 V alternatif) avec une imprimante qui note systématiquement en bichromie les chiffres qu?on frappe, se trouve à droite, tandis qu?à gauche sont posés des classeurs à archives contenant le budget de l?année 1996, des litres de chiffres à rendre ivre le plus sobre comptable, et qui mieux que le bon vin me saoul. J?aime bien les chiffres, mais pas ceux là.

La chaise un peu vieillotte et peu confortable a soutenu, il n?y a pas si longtemps, le fessier bien dodu de la secrétaire. Je la remplace. Elle tiendra bien le coup.

Derrière moi se découpe un hôpital à l?accueil hospitalier, dans les petits carreaux carrés de la grande fenêtre. Le ciel cache bizarrement les toits des bâtiments loin d?être hospitaliers, qui se reflètent sur une table de dissection en étain massif, aux pieds larges comme des troncs d?Urbaum. Le reflet est rouge au touché de l?étain gris. En fait nous sommes dans une officine pharmaceutique. Priez de ne pas y entrer, même après avoir sonné ! Vous pourriez perturber ma méditation. L?ensemble du bâtiment se dentelle dans les déchirures de bistouri du billard. Les morceaux s?éparpillent, captant l?angoisse de ces pensionnaires blessés par la guerre. Nombreux gisent dans les souvenirs, d?autres fiers ne vivent que dans leurs glorieux faits de guerre. Les médailles sont là pour leur rappeler, qu?un corps percé par une balle gît encore à côté d?eux.

Voilà, lecteur, es-tu ravi de savoir où je suis pour te dénoncer ces modestes pages. Reste encore un peu, de manière à goutter mes paroles, ce miel où viennent s?abreuver les défauts humains, et aussi, mais facultativement, leurs qualités. Ne serait-ce qu?un instant, puisque tu parais déçu, je me relance.

Là où je me retire pour faire les corrections, est une pièce de 20 à 30 mètres carrés, où s?alignent et se chevauchent de nombreux livres arborant fièrement leurs titres et auteurs sur la tranche. La table et la chaise semble plus modeste. Aux murs s?accolent de nombreuses images et portraits, afin de me divertir l??il dans mes minutes de rêveries.

Je peux paraître méprisant à travers ces lignes, pour toi lecteur qui tente vainement de déchiffrer mon âme, mais je ne peux me lasser de gravir toujours plus haut les montagnes de la solitude et du selbstüberwindung . Me croyez-vous si médiocre pour me plonger dans la béate habitude de la ritournelle quotidienne.

Point final et cela sera tout pour aujourd?hui.

03 novembre 2005

Les souvenirs d'Isidor Ducasse Acte 1 Scene III

Après ces deux longues strophes, je retournais dans mon jardin, cueillir romarins et bulles de souvenirs errantes.

Le sapin voyait sa fin venir, même si elle ne pouvait pas laisser présager sa rapidité, ni même sa méthode particulièrement éprouvante pour ses proches, et cette condition n'est pas réellement valable, ni validé, dans les formes actuellement admises par la grammaire " Orthodidacte " .

Ces épines étaient encore vertes et belles et bien attachées aux branches comme des ongles aux doigts d?un ornicophage , comme un mouton dans les serres d?un aigle, comme la terre dans les mains d?un serf, ou plus communément, comme un cerf dans la ligne de mire d?un chasseur. D?un trait, d?un simple mais terrible...
- Pas pour nous, mais pour ce malheureux et verdoyant conifères
... trait, il fut arraché de la terre, séparé de sa matrice , mamelles maternelles, pour mourir auprès de son unique père, un vieux phanérogame de luxe comme lui, dont on fait des bières de qualité, voir de luxe, carrées, décorées et dorées à souhait, avec deux poignées sur les côtés, pour qu?on puisse la prendre, la vider et l?oublier.

On n?y pense pas assez, et quand on est comme le fils, frais et sain, mais quand on est comme le père, on s?y retrouve sans y avoir plus de pensées, en espérant juste un peu pouvoir y échapper, ne pas avoir à y aller. Mais il faut bien que vieillesse se passe, et que jeunesse se meurt. A bon entendeur !

On peut parfois tout repousser, mais jamais perpétuellement. Bien dommage, n?est-ce pas ! Cela n?a pas vraiment d?importance, et lorsqu?on est comme moi, certain de produire quelques pages destinées à une éternité, qui ne vous oubliera peut-être pas - Permettez-moi d?en douter, puisque je suis à cette place, encore un peu précaire mais tout de même pleine d?espérance.

L??uvre du gymnosperme est un tombeau, à l'image, je suis ce qu?il y a dedans -(Il ne faut pas m?en vouloir, je suis comte depuis un siècle, après tout)-, mais restant en vie, malgré tous les déboires que cela peu bien occasionner.

Memento, homo, quia pulvis es et in pulverem reverteris.

Cette strophe ne pouvant pas se terminer de cette manière, et ma plume n?étant pas bouché, je m?en vais vous parler du vent, qui secoue les épines et les étamines chargées de la poudre jaunes des pépinières, ces chaudes pouponnières arborées.

Avez-vous entendu le vent, parler du parler ; parler le vent dans les branches des pins ? Je vais certainement vous en parler comme jamais vous ne l?avez entendu.

D?abord, et signalons-le, il ne mord pas le fer de ces crocs glacés, pour y laisser de larges creux, mimétismes de sa denture, non, il le caresse jusqu?à l?usure. Sa douce main balaie sa fourrure gelée aux aspects et reflets bleutés, jusqu?à le remodeler comme un vulgaire morceau d?argile. Sa longue cape tisse les cheveux, pour en faire des volants filant à tout vent. Il agite les jupes des jeunes filles, les effraie un peu en les poursuivant nonchalant, comme un amant trop fier et trop sûr de lui-même, un amant trop pressé d?en finir avec la phase numéro 1.

Il les embrasse, en leur caressant leurs jambes dénudées, remonte presque là où ma description se doit de s?arrêter, pour ne pas offusquer les groupuscules fanatiques de la pudibonderie exagérée (et c?est un utile pléonasme.) Il joue avec leurs cheveux, leurs jupes, leur... Le vent, c?est sensuel.

Il lape dans les lacs, des flaques d?eau, de quoi se réhydrater, puis il s?égoutte en mouillant la plage, et parfois il emmène plus loin encore son breuvage. Et tel un coureur invétéré, il s?enfuit, ne laissant même pas son ombre derrière lui, pour se cacher, voir garder sa fuite.

Et quand le citadin avale ce curieux aliment sans saveur - quoi que cela puisse être contredit :

Le vent a parfois une saveur âcre de fumée de cigarette, d?usine ou de train et de gare, et même parfois, le goût doux d?un parfum - , sans constitution, il lâche une toux rauque pleine d'expectorations jaunâtres. Il recrache cet amas infectieux hors de ses poumons. Mais il ne se doute pas que dans son calme bureau, où le moniteur d?ordinateur et le néon pendu au plafond l?éclairent d?une pâle lueur, l?air distillé et conditionné se referme sur lui, comme dans une boite de conserve stérilisée arrivant à la date de préemption, laissant s?échapper des hordes de Legionella, et d?autres agents pathogènes rendant mortel le plus commun des vivants. Mais la viande, ainsi gardée des injures du temps dans cette fausse stérilisation, ne subsiste parfois même pas. elle se recroqueville puis de dessèche ; elle s?aigrit. Les rides apparaissent puis se durcissent.

Cette vieillesse s?allie au temps, et nous alite, rendant parfois vivant le plus commun mortel.

Voilà, la nature a été élue seul sujet durant cette stance. Je m?arrête et vais uriner.

02 novembre 2005

Les souvenirs d'Isidor Ducasse Acte 1 Scene II


Et pourtant, fatigué, et l??il éteint, ma pensée ne pouvait que se reposer. La télévision, éternelle orgie d?images, pantagruélique dévoreuse de cervelles, gargantuesque rongeur, brillait de sa céleste voûte, m?assommait de son festin, m?assenait jusqu?à la nausée.

Un cheval presque cadavérique posa son sabot crotté et en putréfaction sur le courant d?air créé par sa queue virevoltante, tournoyante comme des plumes de casoar, cette fausse fourrure d?oiseau raté. Son maigre cavalier subissait, à l?étroit sur sa selle, les sursauts de sa monture, en se balançant de droite à gauche, suivant le rythme effréné du pas chaotique de son étalon aux cents sangs mêlés. Ce bâtard avait longuement parcouru les sentiers et les courts chemins de terre battue, pour voir du paysage et quelques villages.

Son membre glorieux connaissait ainsi de multiples compagnes plus ou moins consentantes, qui se conduisait sur la paille, en véritable pouliche. Mais cela n?aurait guère de liens avec notre récit, si votre humble serviteur se mettait à vous décrire ces actes peu glorieux de l?histoire.

Le cheval, disais-je, posait son sabot sur quelques crânes tombés du cou des combattants - soldats (je vous en prie, sans jeu de mots) , qui vivaient encore quelques temps avant leur mort, et pouvant, dans cet état préliminaire , espérer vivre jusqu?à plus soif, et Dieu sait combien les soldats boivent ! De toute façon, ils n?ont que ça à faire dans l?enfer silencieux des casernes gouvernées par des gueux, bâties pour des sots.

Le cheval ainsi n?était autre qu?un puissant rugissement, un soupir sortit de la gaine du temps, la bajoue de votre présence, le silence de votre rêve.

Et son cavalier ?

Son cavalier se serait plutôt un vague fantôme de vos ombres stériles et hermétiques, ou plus précisément une table, une chaise et un plancher soutenant le tout à deux mètres au-dessus du sol, qui se trouve à 20 miles lieux sur les terres, au-dessus d?un niveau de la mer, qui lui-même représente, et on ne sait ni comment, ni pourquoi, le niveau zéro de la géologie.

Une pièce de rêve, une pièce élégamment rare ! ! !

Un morceau de choix, pour ce cheval, doué de l?extraordinaire pouvoir de vivre !

Te serais-tu assoupi, Ô ! nébuleux lecteur, devant cette fresque télévisuelle ? J'espère une réponse négative sinon il te sera nécessaire de recommencer depuis le début cette stance, oh combien amusante et élégiaque, digne d?un fabuleux écclésiasque, sans fausse modestie ni comparaison faussée par ces vers formés d?hexamètres et de pentamètres alternés. Cette alternance me plaît et me suffit.

Le mouchoir sur la bouche, pour ne pas avaler la poussière soulevée par les sabots du cheval du devant, et du Lieutenant, il parlait tout de même pour lancer des ordres et des injures aux autres hommes du groupe. C?est généralement donné à tous de donner des ordres, mais ceux qui aiment les faire exécuter sont de braves et gentils petits acariens sans importance, qui trouvent dans cet acte un moyen de se donner consistance et grandeur devant les chaussures, qui les écrasent. Il connaissait donc, puisque je me suis éloigné du texte, les voies pratiquées et praticables.

Jack, c?est son nom, était de ceux, qui étaient les plus vieux, et qui parcouraient depuis le plus de temps, ces terrains presque à l?abandon, en friche. Le vent y soulevait, à chaque fois qu?un fer frappait le sol, une pelletée de sable gris qui brûlait les yeux, brouillait la vue. Les grains de sable se mêlaient la sueur, pour en former une sorte de croûte qui teintait et solidifiait les habits. Les habits des hommes en étaient poussiéreux blanchis, comme un mur passé à la chaux. Le soleil se reflétait, se tordait, se tendait, et jusqu?aux bouts de ses doigts brûlants grillait les yeux, tannait les peaux et pénétrait par les pores de l?épiderme, pour en faire sortir un liquide saumâtre : La sueur. Pour se cacher de cet ennemi, les hommes portaient un chapeau de feutre noir, aux longs bords presque plongeants ; il les cachait et les protégeait. En cas de besoin, il pouvait également leur servir de bol pour boire, de serviette pour s?essuyer après les mains. Il était leur seule couverture, le soir après la veillée, après les chants accompagnés par une guitare, un banjo, ou plus rarement un violon.

Laissant les bêtes, ils accompagnaient les étoiles le temps d?une nuit courte, jusqu?au lendemain matin, où il faudrait se lever. Prenant leur courage à deux mains, puis le chemin, il montait sur leurs montures, les yeux cernés et fatigués, sans mot dire. Les sabots squelettiques continueraient à s?enfoncer dans le sable soulevé par le vent et la queue de l?hipparion fidèle, hésitant à chaque pas, pour ne pas tomber dans un trou caché. La nuit s?envolerait, laissant place au jour, au vent et au soleil.

Clic, J?éteignais la télévision, fidèle image de l?expression cercopithèque de l?homme actuel.

01 novembre 2005

Les souvenirs d'Isidor Ducasse Acte 1 Scene 1


Scribitur ad narrandum,
non ad probandum.

Je ne vais pas commencer à discourir sur les corbeaux et leurs métamorphoses, qui frisent les métaphores ou de leurs ailes, qui frôlent les lourds pavés neigeux, ces nuages veinés par de fins lits ensoleillés ; pourtant, le début ne fut pas exactement celui que je pensais :

" Un homme court dans le sable, où se suivent ses pas serrés par une course lente. " Mais où va réellement cet homme ? Nous ne le savons pas. Nous ne pouvons, ni ne pourrons le savoir, si nous n'avons pas son but entre les mains, pour le lire, le décrire, le dévoiler, et enfin détruire cette vague espérance de vie qui passe comme un éclair dans le grand livre aux lettres dissoutes des présents sur le globe bleu.

Mon discours s'arrêtera-là pour cet homme qui n'a vraisemblablement pas le pouvoir de survivre à lui-même - par un quelconque enfantement - ni de produire un héritier, cette source d'aide pour la vieillesse. Il restera, investi par un travail sans effort et sans avenir, dans un bureau aux peintures rutilantes et murales - de morves liquides, de croûtes cloacales - où des rayons se heurtent les uns aux autres pour enfin tacher le sol d'une fugace lueur, comme un bureautier anéanti par une véritable lettre de licenciement licencieuse, écrite par une personne qui ne l'ayant jamais vu, ni dit : " bonjour ", n'a même pas l'horrible angoisse de détruire un être vivant.

Enfin licencié par un état hors norme, il peut se vendre à d'autres selon le désir des plus offrants et le plaisir de ceux qui passent - fiers, repus de leurs repas trop riches en calories ainsi qu'en graisse et gavés comme pour un repas dans une basse-cour d'un couple d'éleveurs d'oie - devant les vitrines éblouissantes des A.N.P.E. dans leurs manteaux ouatés de doux silences discrets mais interrogatifs (Mais qui sont ces êtres ?). Dans nos sociétés, nous appelons ordinairement cet acte " Prostitution " ; même si cela n'a rien à voir avec ce travail exclusivement féminin et enfantin, gouverné par de mâles désirs et profits ; mais ici, et uniquement dans ce cas, il sera appelé " Marché du travail ". Allez comprendre quelque chose !

Je fais parti du siège où siègent de grands, gros, gras / placides et amorphes amiraux, patrons et politicards en toc qui cherchent leurs claques. Mais qui n'est pas comme moi, écrasé par tous ces cadres au service d'une institution ?

L'état majeur de notre existence n'a pas de création vraiment flagrante, sinon l'irrespect, que nous avons pour nous-mêmes. Donnez-lui votre sang, il prendra votre coeur, et enfin vous prendrez soin de lui, tandis que lui prendra sang à vous. Tout se recoupe dans la pièce circulaire de nos actes.

C'est avec cet état d'esprit lugubre, moi Isidore Ducasse dit Comte de Lautre amont, fidèle serviteur de Maldoror, que je parvenais en haut des marches d'une caserne désaffectée où se réunissaient quelques Guides de l'urbanisme sauvage, ces professionnels de la dégradation mentale la plus élémentaire. La folie n'était pas loin, les aides hospitalières non plus. Ici, il était clair, qu'à Noël on m'offrirait une camisole de force toute neuve, pour calmer mon ennui et mon envie de solitude. Il faudra bien que j'abandonne toute idée de liberté il faudra que ce mot disparaisse de mon vocabulaire, sans quoi je resterai un simple marginal composté en cours de validité.

N'allez pas croire, chers Lecteurs, que je cherche à vous endormir par mes mots, ni même à vous donner le vertige par des phrases longues, alambiquées, peut-être creuses et pourtant...

Hervé - Les souvenirs d'Isidor Ducasse



[Le compte de Lautreamont - Les chants de Maldoror]

31 octobre 2005

10 ans de mensonges


Les années passent, les mensonges restent....


Ombres

30 octobre 2005

JDM - poetic Biography- (The Pearl Harbor's Storm)

Translate by Hervé




8. December 1995.

Made into the Pearl Harbor's Storm,
Born into a storm in Melbourne.
The amnesiac mother lays in the arms
of a sallow
Hospital.
By warning shot,
My vital
Seed had sheded.





(L'Amérique has raped my soul.)
Then I killed my mother,
by raping her, last once.
A MURDER - A CAGE
There's the replica of justice.





I have thrown a sailor, overboard.
His longs legs have been broken
by touching the wild sea.
The sailor have drowned.
The horse, that he told rein,
had been crushed by a ground swell.





L'Amérique called myself,
I mapped out,
The motor way vein
On the desert sand.
For scorn, I cut him, the arteries.





And with a wave of the hand, I blotted
the visited cities, the met women
out of my memory.





I have gone though the border,
the sun froze, behind
the cities of the United-States.





Then I have find again the real life,
the pubs and the ripped car.





Le Mexique was hot,
Spacious enough, for my Giants
ARMS
without land.





The women didn't there be
virgin
The men didn't there be
abstemious.





The pubs are always welcoming,
Spacious -
- Vast.
One glass or two, before to take the road.





When I have taken the wheel, I was drunk.
The road stop to breathe.





The whores rot in prison
to safeguard the male.
- last breathe from a humanity
without desired children.-
Then I have run out of the city,
where the trees can't weep.





The condoms, thrown in the air, fallen
again to the heard, as coarse confetti,
dedicated to another feast, heathen less.





The thumb was raining.
A car stopped.
The wind takes my hairs, and scatters her
on the nothingness bed.
The book came open on the ripped page
from an insane fountain.





The car takes me
to another dream.
Still a reverie
to look after the sleeping
children.





By coming in L.A.,
a roof greeted me,
empty and bare.
An opening on the universe
His eyes were full of
A SKY / A SUN / A MOON
according to the night,
and the passed days.





The ceiling is blue-black, covered of stars,
For a moment, I have seen the plane
who crawled on the sky
then pricked his from their wings.





I was the insane bird over the cardboard's
canyon,
where lay Indians.
There feathers were covered with blood
There bows were broken.
Then come on the earth, my feathers becomes
scales.
I had become Lizard again.





I crawled on the buildings,
and went through their windows.
I sledded on this crust
to reach the middle
the heart of the city.





I have seen darkest
cohorts of insects,
followers of the
black incest.





The pills taken, I could
bathe me in another liquids
that this :
FROZEN WATER





The Venice's skin
rolled on my scales
His beach was dark and mad.
The illegitimate couples baths
in my eyes recovered of a sea
more indecent, as their lovers.
Theirs revels have learned me the love





Some waves become tangled
with the clouds,
to try to touch the Sacred Black Stone.





In the morning, the coronation had been finished,
The emperor was named.
In the evening, with a bullet in the head,
he was dethroned.





A man passed.
Sure, that he was drogue addict.
He played the harmonica,
and his song running through my head,
until the day, where the blues came towards
The stage
FLASH
BACK
STAGE





Someone else as me couldn't make it.
The auditorium was silent
insane, bewitched, astounded.
I could do as I liked with they.
And all stopped,





SUDDEN
I was coldest that can be
a dead.
I was hard,





The vasectomised penis
from a sick ancient one,
the cancerous testicles
will be the only testament.





of Bacchus
of Dyonisos.
The mythology is dead,
Gods must be recreate,
Olympia must be rebuild,
to that a new man assert himself.





Direct to the heart, the dresses of judge
flied away to the court of the proceeding
witness, guilty, accuse!
I must just to run
to run in the rest of the world
the rest of My Kingdom.





Deceived, bruised,
Exiled,
PARIS had welcomed me
so much as he exiled
Émile ZOLA.





Of an lively and quickly eyes,
the dead knows that
I will fall.
Then She caught me
In her arms.





She knows to bewitch me
of her longs hairs of Siren.
Outside, a last car pass.
The body will be here, stretched out, and dived
in a blood
which can't be mine.





There is no worse vampire,
that the one, where suck his own blood.





A girl will run up,
and dive on my body.
She takes his time.
God, it was really good,
to fuck the death in this way!





The bath is long
quiet
(forward)
and maybe
very promising
so much as
go-between.





I was still a child
The wet hairs
Stripped to the waist,
A tattoo on my soul.
A film to finish.





The children's smile still alive
on my dead lips, left to
Pamela, a last farewell.





Finally, I was in the other side
OF THE DOOR!!!

29 octobre 2005

JDM - Biographie poétique

(La tourmente de Pearl Harbor)

Verdure



8 Décembre 1995.

Créé dans la tourmente de Pearl Harbor,
Né dans un orage à Melbourne.
La mère Amnésique gisait dans les bras
D'un hôpital
Jaunâtre.
D'un coup de semonce,
Ma semence
Vitale était répandue.





(L'Amérique a violé mon âme.)
Alors, J'ai tué ma mère,
en la violant une dernière fois.
UN MEURTRE - UNE CAGE
Voilà, la réplique de la justice.





J'ai jeté un marin, par-dessus bord.
Ses longues jambes se sont brisées
En touchant une mer endiablée.
Le marin s'est noyé.
Le cheval, qu'il tenait par les rênes,
S'est fait broyer par une lame de fond.





L'Amérique m'a visité,
J'ai tracé les cartes,
Les veines autoroutières
Sur le sable du désert.
De dédain, je lui ai coupé les artères.





Et d'un geste de la main, j'ai effacé
de mes souvenirs, les villes visitées,
Les femmes rencontrées.





J'ai traversé la frontière,
Le soleil se glaçait, derrière
les villes des États-Unis.





Puis, j'ai retrouvé la vraie vie,
les bars et les voitures déchirées.





Le Mexique était chaud,
assez spacieux pour mes bras
DE GÉANT
sans terre.





Les femmes n'y étaient
pas vierges,
Les hommes n'y étaient
pas sobres.





Les bars étaient toujours accueillants,
Spacieux -
- Vastes.
Un verre ou deux, avant de reprendre la route.





Quand j'ai repris le volant, j'étais soûl.
La route ne respirait plus.





Les putes pourrissent en prison
pour sauvegarder le mâle.
- Dernier souffle d'une humanité
sans enfant désiré. -
Alors, j'ai fuit cette ville,
où les arbres ne pleuraient même pas.





Les condoms, jetés en l'air, retombaient
à terre, tel de vulgaires confettis
voués à d'autres fêtes moins païennes.





Le pouce levé.
Une voiture s'arrêta
Le vent pris mes cheveux, et les éparpilla
Sur la couche du néant.
Le livre s'ouvrit à la page déchirée
d'une fontaine folle.





La voiture m'emporta
vers un autre songe.
Une rêverie encore
pour veiller sur l'enfant endormi.






En arrivant à L. A.,
un toit m'accueillit,
vide et dépouillé.
Une couverture sur l'univers,
UN CIEL / UN SOLEIL / UNE LUNE
plein les yeux selon les soirs,
et les jours passés.






Le plafond était bleu noir, couvert d'étoiles,
Un instant, j'ai vu l'avion
ramper sur le ciel
puis le piquer de ses ailes.





J'étais l'oiseau fou au-dessus des canyons
de papiers cartons,
où gisaient des Indiens.
Leurs plumes étaient ensanglantées,
Leurs arcs cassés.
Puis arrivé à terre, mes plumes devinrent écailles.
J'étais enfin redevenu Lézard.






Je rampais sur les buildings,
et traversais leur fenêtre.
Je glissais sur cette croûte,
Pour atteindre le centre
Le fond même de la cité.





Et J'y ai vu de sombres
cohortes d'insectes
adeptes du
noir inceste.





La pilule prise, je pouvais
me baigner dans d'autres liquides
que cette :
EAU GLACÉE





La peau de Venice
roulait sur mes écailles,
Sa plage était sombre et folle.
Les couples illégitimes se baignaient
dans mes yeux recouverts d'une Mer
encore plus impudique, que ces amants.
Leurs ébats m'ont appris l'Amour.





Quelques vagues s'emmêlaient
avec les nuages,
pour tenter de toucher la Pierre Noire Sacrée.





Au matin, le sacre était finit,
L'empereur était nommé.
Au soir, d'une balle dans la tête,
Il était détrôné.





Un Homme passa.
Sûr qu'il était drogué à mort.
Il jouait de l'Harmonica,
et sa chanson trotta dans ma tête
jusqu'au jour, où le blues s'avança
sur scène
FLASH
BACK
STAGE





Un autre que moi n'aurait pu le faire.
La salle était silencieuse
folle, envoûtée, abasourdie.
J'en faisais ce que je voulais.
Et tout s'arrêta,





SOUDAIN
J'étais plus froid que peut l'être
un mort.
J'étais raide,





Le pénis vasectomisé
d'un ancêtre malade,
Les testicules cancérisés
furent l'unique testament





Du Bacchus,
Du Dyonisos.
La mythologie est morte,
Il faut recréer les Dieux,
reconstruire l'Olympe,
qu'un Nouvel Homme s'affirme.





Droit au coeur, les robes des juges
s'envolèrent vers les cours du procès.
Témoins, coupables, Accuser!
Il ne me restait plus qu'à fuir,
qu'à courir le reste du monde,
Le reste de Mon Royaume.





TRAHI, Meurtri,
Exilé,
PARIS m'accueillit
autant qu'il exila
Émile ZOLA.





D'un oeil vif et rapide,
La mort sut que
J'allais tomber.
Alors, elle me rattrapa
Dans ses bras.






Elle sut m'envoûter
de ses longs cheveux de sirène.
Dehors, une dernière voiture passa.
Le corps était là, allongé et plongé dans un sang
qui ne pouvait être le mien.





Il n'y a de pires vampires,
que celui qui suce son propre sang.





Une fille accourra,
et s'allongea sur mon corps.
Elle prit son temps.
Dieu que c'était bon,
de baiser ainsi la mort!





La baignoire est longue
calme
(Entreprenante)
Et peut-être
très prometteuse
en tant qu'
entremetteuse.





J'étais encore Enfant.
Les cheveux mouillés
Le torse nu,
Un tatouage sur mon âme,
Un film à finir.





Le sourire d'enfant encore vivant
sur mes lèvres mortes, laissait à
Pamela, un dernier Adieu.





J'étais enfin de l'autre côté
DE LA PORTE !!!

28 octobre 2005

Fanchon

Amis, il faut faire une pause
J'aperçois l'ombre d'un bouchon
Buvons à l'aimable Fanchon,
Chantons pour elle quelque chose

Fanchon, quoique bonne chrétienne
Fut baptisée avec du vin
Un Bourguignon fut son parrain
Une Bretonne sa marraine.

REFRAIN :
Ah ! que son entretien est doux,
Qu'il a de mérite et de gloire.
Elle aime à rire, elle aime à boire
Elle aime à chanter comme nous
Elle aime à rire, elle aime à boire
Elle aime à chanter comme nous
Elle aime à rire, elle aime à boire
Elle aime à chanter comme nous
Oui, comme nous ! Oui, comme nous !


Fanchon préfère la grillade
A tous les mets plus délicats
Son teint prend un nouvel éclat
Quand on lui verse une rasade.

Fanchon ne se montre cruelle
Que lorsqu'on lui parle d'amour
Mais moi, je ne lui fais la cour
Que pour m'enivrer avec elle.